Rénovation – Ancienne table d’appoint

Récupérée l’année dernière, au courant de l’hiver, en fin de journée, à deux bordures d’une fin de vie non méritée. À cet instant, aucune hésitation quant à son potentiel. Une fois dans le garage, à la lumière, et durant les jours qui suivent, je commence par douter et mets de côté l’idée de la remettre en état.

Au fil des mois, à force de la regarder, mon point de vue change. Ses défauts sont, en réalité, des points de charme. Je finis par accepter cette trace de brûlé, ancrée profondément dans ses veines de bois, stigmate provenant d’un oubli de fer à repasser, ou encore cette partie frontale du tiroir, amputée pour je ne sais quelle raison, sans oublier cette non-planéité irrégulière de la surface de la table.

Ici, l’expression « Un dessin vaut mieux qu’un long discours » prend tout son sens. L’état des lieux n’est pas catastrophique, mais il y a du pain sur la planche… enfin, sur la table.

Dans ce genre de cas de figure, il n’y a pas vraiment de compromis à trouver. L’ensemble des éléments qui étaient peints a été, en très grande partie, poncé jusqu’à retrouver l’essence naturelle du bois, mais sans pour autant retirer trop de matière noble, ni corriger ou aplanir les formes et les courbes d’origine. Une partie a été réalisée avec quatre types de ponceuses et deux types de papier de verre et, bien entendu, les recoins et les finitions ont été faits à la main.

Pour ce qui est des parties qui étaient restées naturelles et non visibles, elles ont été, elles aussi, totalement poncées afin d’éliminer le traitement d’époque et de leur donner un coup de frais, de propre. Pour les parties visibles, ma volonté était de garder une partie de son histoire, de ses marques du temps. Un ponçage sans trop s’obstiner a été réalisé, laissant parfois une trace de couleur, une trace de je ne sais quoi.

Ces parties restées naturelles ont été vernies afin de figer le temps, de protéger les marques du temps passé, mais aussi de préserver son avenir. Un pied et un côté ont été recollés et mis sous serrage pendant une nuit, afin de consolider la structure et d’éviter qu’elle ne continue à se détériorer.

Pour le ponçage, les guides du tiroir avaient été démontés, les anciens clous retirés, puis l’ensemble poncé, verni et remis en place. Les trous des clous ont été utilisés pour un préperçage, afin d’utiliser de petites vis dans le style de son époque.


Pour obtenir une qualité de ponçage, puis de mise en couleur, le bouton-poignée et le mécanisme avaient été, au préalable, démontés, nettoyés et polis, dans une juste mesure entre l’ancien usé et le nouveau. Malheureusement, la chance ne s’est pas présentée : pas moyen de mettre la main sur une clé compatible dans les boîtes du grenier de La Bricole. Un détail que j’apprécie est cette ligne parfaite entre la zone de couleur blanche et le bois naturel verni, le tout tranché par le métal.

Une fois terminée, le silence des écrits laisse place à l’observation et à l’imaginaire, plaçant cette table dans notre « univers », dans notre chez-nous, dans l’une de nos pièces de vie, accompagnée d’un objet de décoration.

Un avant/après comme on les aime !